L’énergie éolienne : la source de production d’électricité la plus mise en service depuis 11 ans



14 mars, 2017

Il y a une statistique intéressante que je ne répéterai jamais assez, parce qu’elle illustre selon moi les progrès de l’énergie éolienne au Canada de même que ses perspectives plus que prometteuses :

L’énergie éolienne surpasse toute autre source d’électricité en termes de nouvelles puissance mise en service depuis 11 ans, qu’il s’agisse de l’hydroélectricité, du gaz naturel ou du nucléaire.

L’éolien n’est donc plus seulement un choix populaire; c’est aujourd’hui le choix le plus populaire.

Plusieurs raisons expliquent cela. Tout d’abord, le coût de l’énergie éolienne a chuté fortement au cours des 7 dernières années, ce qui en fait l’une des deux filières de production d’électricité mise en service les plus concurrentielles au plan des coûts au Canada. Ensuite, comme l’éolien, contrairement au gaz naturel, est à l’abri des fluctuations du prix du carbone et des produits de base, il ne peut que devenir plus abordable au fil du temps. Enfin, il peut rapidement être utilisé pour répondre à l’accroissement de la demande, sans compter que c’est une énergie propre.

En fait, aucune autre technologie n’est tout à la fois aussi économique, fiable, modulable et durable que l’énergie éolienne.

Pourtant, au moment même où nous prenons notre envol, le vent tourne.

La demande d’électricité, moteur traditionnel du développement de nouvelles sources d’électricité, a ralenti considérablement ces dernières années. Des provinces comme l’Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique bénéficient de marges de manœuvre importantes et s’interrogent sur la nécessité d’un approvisionnement supplémentaire à court terme.

Pourquoi alors suis-je si optimiste quant à l’avenir de l’énergie éolienne au Canada?

Nous avons assisté en 2016 à un formidable élan vers la réduction des émissions de gaz à effets de serre et à la mise à profit d’occasions de croissance propre, tant aux niveaux fédéral que provincial.

L’Alberta et la Saskatchewan ont renforcé leurs plans visant à installer jusqu’à 7 000 MW de nouvelle puissance éolienne d’ici 2030 pour remplacer les centrales au charbon mises hors service et réduire les émissions du secteur de l’électricité. La publication de la Politique énergétique 2030 du Québec devrait faire de l’énergie éolienne un outil majeur des efforts gouvernementaux pour accélérer la transition vers une économie sobre en carbone. Quant à l’Ontario, elle a commencé à travailler sur un nouveau Plan énergétique à long terme dont le lancement est prévu au printemps et qui, nous en sommes convaincus, non seulement reconnaîtra la nécessité d’un rehaussement de sa capacité de production d’énergie propre au cours des 10 prochaines années, mais aussi établira l’énergie éolienne comme la solution la plus concurrentielle pour répondre à ce besoin.

À long terme, l’impératif de réagir à la menace posée par les changements climatiques transformera la manière dont nous produisons et consommons l’énergie. Nombre d’études ont d’ailleurs montré que le seul moyen de faire chuter les émissions de gaz à effet de serre au Canada (d’au moins 80 pour cent) est de délaisser les combustibles carbonés dans les secteurs des transports, du chauffage et de la climatisation ainsi que des processus industriels au profit d’une électricité propre.

Le Québec et les provinces atlantiques tentent aussi de se positionner comme fournisseurs de solutions climatiques en exportant de l’énergie non polluante aux États-Unis.

Si le président Donald Trump demeure un climatosceptique qui freine les interventions fédérales, le Canada doit quand même s’employer à maintenir ses relations avec les États-Unis – une volonté manifestée lors de la première rencontre, en février dernier, entre le premier ministre Justin Trudeau et son homologue américain à Washington. Dans la lutte contre les changements climatiques, les États du nord-est du pays se sont malgré tout engagés de façon indépendante à réduire grandement les émissions de gaz à effet de serre et cherchent à accroître de beaucoup la place de l’énergie non polluante dans leur portefeuille énergétique. Ils se sont fixé comme objectif de favoriser les technologies renouvelables comme l’énergie éolienne, qui pourra être utilisée individuellement ou en combinaison avec l’hydroélectricité disponible. L’énergie éolienne du Canada s’avérera un concurrent solide sur ces marchés.

L’industrie éolienne au Canada, qui a mis en service des projets totalisant 702 MW en 2016, prévoit en construire un nombre équivalent en 2017. Même si ces chiffres sont relativement inférieurs à ceux des dernières années, notre industrie n’a jamais été en aussi bien positionnée pour offrir des solutions énergétiques propres et économiques qui répondent aux besoins des gouvernements et des distributeurs d’électricité.

 

Robert Hornung
président de l’Association canadienne de l’énergie éolienne