Le coût de l’éolien plus bas que jamais grâce aux avancées technologiques



22 juin, 2017

Pourquoi le coût de l’éolien est-il toujours à la baisse, alors que la tendance inverse s’observe pour celui des sources d’électricité courantes? La réponse réside dans l’évolution soutenue des technologies éoliennes.

L’énergie éolienne est maintenant l’option la moins coûteuse, parmi les nouvelles sources d’électricité, dans la plupart des provinces canadiennes. Les contrats donnés dans le cadre des derniers appels d’offres d’énergie éolienne d’Hydro-Québec ont d’ailleurs permis d’établir un nouveau prix plancher moyen pour l’énergie éolienne au Canada, soit 6,3 cents le kilowattheure. En Ontario, on a atteint un nouveau plancher de 6,45 cents lors du dernier approvisionnement. Et les appels d’offres en cours en Alberta et en Saskatchewan, dont les résultats seront annoncés en 2017-2018, feront encore baisser les prix.

Une étude* de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables rapporte que, historiquement, les coûts de mise en service de puissance éolienne terrestre baissent de 7 % chaque fois que la puissance installée double dans le monde. On y prédit aussi que le coût moyen actualisé de l’énergie éolienne terrestre pourrait chuter de 26 % d’ici 2025.

Pendant ce temps, les coûts de production du gaz naturel augmentent parce qu’on y inclut maintenant le prix du carbone. Côté nucléaire, pour couvrir les coûts de remise à neuf, on prévoit une hausse* en Ontario. Il en ira de même pour les nouveaux mégaprojets hydro-électriques.

Comparativement, le prix de l’énergie éolienne poursuit son déclin en raison des améliorations technologiques constantes, qui font baisser le coût des éoliennes tout en augmentant leur rendement. Les plus grandes éoliennes sont maintenant plus économiques et plus fiables que jamais. Par exemple, le diamètre moyen des rotors a doublé depuis les années 1980, et les pales, beaucoup plus longues et plus légères, produisent beaucoup plus d’énergie grâce à leur superficie accrue. Les éoliennes sont aussi montées sur des tours plus hautes, et munies de chaînes dynamiques maintenant plus fiables, tout comme les systèmes de contrôles qui optimisent le rendement.

Selon rapport sur le marché des technologies éoliennes* (août 2016) du département de l’Énergie des États-Unis, de 1998 à 2015 :

  •  la hauteur moyenne du moyeu a augmenté de 47 % (atteignant 82 mètres);
  • le diamètre moyen du rotor a connu une hausse de 113 % (atteignant 102 mètres);
  • la puissance moyenne des éoliennes aux États-Unis a bondi de 180 % (atteignant 2 mégawatts).

Ce genre d’améliorations signifie plus de puissance pour moins cher. Le rapport indique aussi que, pour les projets américains réalisés en 2014, le facteur d’utilisation moyen (c’est-à-dire le pourcentage maximum théorique de production d’électricité sur une année si le vent souffle toujours à vitesse adéquate) a atteint 41 % en 2015, contre 31 % pour les projets réalisés de 2004 à 2011. De plus, de 2008 à 2015, le prix des éoliennes a chuté de 20 à 40 %. La baisse des coûts liés à l’installation et la hausse du facteur d’utilisation ont ensemble fait dégringoler, de 2009 à 2015, de près des deux tiers le prix moyen actualisé dans les contrats d’énergie éolienne aux États-Unis.

Il en résulte que l’énergie éolienne occupait le premier rang des nouvelles sources d’électricité en sol américain en 2015, représentant 41 % de l’ensemble de la nouvelle puissance ajoutée.

Au Canada, nous profitons aussi des avancées technologiques et de la chute des coûts dans le secteur éolien. En plus des gains de fiabilité et des coûts concurrentiels, il y a aussi une conscience grandissante que l’énergie éolienne ne produit aucune émission, n’entraîne aucune dépense de carburant, se met en place et se module relativement rapidement en fonction des besoins. Sans compter qu’elle génère des retombées positives pour les collectivités locales et notre économie.

Voilà donc pourquoi, au cours des 11 dernières années, on a mis en service plus de puissance éolienne que toute autre source d’électricité au Canada, et pourquoi aussi l’éolien devient la solution de choix dans notre pays.

* Lien en anglais seulement.

Robert Hornung
président de l’Association canadienne de l’énergie éolienne