Publication des données d’une étude marquante sur l’intégration de l’énergie éolienne au Canada



27 octobre, 2016

CanWEA vient tout juste de mettre en ligne les données éoliennes associées à son avant-gardiste Étude pancanadienne sur l’intégration de l’énergie éolienne. Les conclusions préliminaires de ce projet de trois ans, dirigé par GE Energy Consulting, avaient été publiées en juillet sur notre site Web en format PDF.

En plus de ces données, nous avons également publié des sommaires exécutifs du Canada et des provinces, une présentation PowerPoint et la version française du rapport sommaire.

Mais quelle est donc l’importance de cette étude?

Une impressionnante équipe s’est penchée sur un éventail de scénarios et de facteurs de sensibilité afin de déterminer la quantité d’énergie éolienne pouvant être intégrée au réseau électrique du Canada en prenant en compte  les obstacles et les solutions ainsi que les coûts et les avantages. Les résultats sont encourageants : le Canada pourrait produire plus d’un tiers de son électricité grâce à l’énergie éolienne sans compromettre la fiabilité de son réseau, et par le fait même, tirer profit de retombées économiques et environnementales.

L’étude a examiné 4 984 sites éoliens potentiels, dont 346 ont été retenus pour la modélisation dans les quatre scénarios. Parmi les données publiées, citons les données de modélisation horaires, les métadonnées pour chaque site examiné (p. ex. détails d’emplacement, puissance, énergie annuelle, facteur d’utilisation) et ce qu’on appelle les données des prévisions à 10 minutes d’intervalle, soit les données météorologiques et de puissance à 100 m à 10 minutes d’intervalle pour les nœuds de 4 km². Ces données sont en anglais seulement.

Voici les principales conclusions présentées dans les sommaires exécutifs :

  • Toutes les provinces canadiennes disposent de ressources éoliennes de grande qualité : le facteur d’utilisation des parcs éoliens va de 34 pour cent (Colombie-Britannique) à 40 pour cent (Nouvelle-Écosse).
  • L’ajout de puissance éolienne permet de remplacer la production d’énergie plus coûteuse à partir de gaz naturel et de charbon, même sans taxe sur le carbone, ce qui réduit les émissions de gaz à effet de serre.
  • Plus les combustibles fossiles sont remplacés, plus les coûts d’exploitation et de production baissent, puisque les coûts en carburant (l’éolien en est exempt), les coûts d’émission et les coûts de maintenance et d’opération variables sont moindres. L’énergie éolienne a une valeur (en évitement de coût) de 40,5 à 43,4 $ CA par mégawattheure selon les scénarios étudiés.
  • Un taux de pénétration élevé de l’énergie éolienne multiplie les occasions d’exportation et, du coup, les revenus qui y sont liés.
  • Bien que le renforcement des lignes de transport interrégionales s’impose si l’on veut répondre à l’approvisionnement accru en énergie éolienne, les économies en coûts d’exploitation permettraient de récupérer le capital investi assez rapidement.
  • Dans l’ensemble du Canada, la réserve de régulation supplémentaire requise (soit la quantité d’énergie en réserve dépassant la quantité de base) ne correspond qu’à une faible proportion de la puissance éolienne supplémentaire – moins de 1,7 pour cent de la puissance éolienne installée dans tous les scénarios.

Les résultats détaillés de l’Étude pancanadienne sur l’intégration de l’énergie éolienne sont prometteurs pour les planificateurs de systèmes électriques et les décideurs, alors que chaque province cherche à assurer l’abordabilité à long terme de l’électricité tout en respectant les engagements en matière de lutte contre le changement climatique. Aujourd’hui, l’éolien est une importante source d’énergie propre et renouvelable dont le prix se compare avantageusement à celui des autres filières de production d’électricité mises en service au Canada.

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’un taux de pénétration de l’énergie éolienne de 35 pour cent (actuellement à 5 pour cent de la demande d’électricité) est atteignable, qu’il est possible d’améliorer la fiabilité du réseau, que les nouveaux parcs éoliens généreront d’importantes économies de production tout en réduisant les émissions, et que les investissements pour l’ajout de lignes de transport interprovinciales peuvent être récupérés rapidement.

Voyez-le par vous-même en visitant la page de l’étude.

L’étude est un projet de recherche et développement de l’Initiative écoÉNERGIE sur l’innovation cofinancé par Ressources naturelles Canada.

Photo : Bryan Passifiume/CanWEA

Tracy Walden
Directrice, Médias et communications de l’Association canadienne de l’énergie éolienne